Une dégradation progressive et irréversible

Depuis la campagne de restauration de 1991 les dégradations se sont accentuées, sous l’action des intempéries, de la pollution et du vieillissement du béton :

  • des écailles de béton se détachent du clocher, car les fers des armatures se corrodent, le béton se fissure puis éclate en surface. Ceci a conduit à poser un filet de protection à certains endroits, et chaque année, des maçons « alpinistes » procèdent au retrait des morceaux de béton dangereux, au prix d’interventions coûteuses.
  • des infiltrations d’eau venant du haut du clocher ont nécessité de protéger l’orgue.
  • le mastic des vitraux de la paroi sud de l’église craquèle progressivement et n’est plus étanche, en particulier lors de fortes pluies.

Un projet de restauration engagé au 2ème semestre 2017

  • Sous l’impulsion du curé de la paroisse Notre-Dame du Raincy, un comité opérationnel composé de bénévoles de la paroisse et de l’association RESTAURER, en lien étroit avec des responsables du diocèse (maître d’ouvrage) a pris en charge les aspects techniques, communication, manifestations culturelles, finances et suivi des dons. Un responsable du pilotage global a été désigné.
  • Le diocèse de Saint-Denis-en-France, propriétaire, a retenu deux cabinets d’architectes spécialisés, en charge de la conception et du suivi du projet de restauration.
  • Le budget de l’opération est d’environ 1,3 millions d’euros (2021), sur la base de l’ensemble des diagnostics, des préconisations des architectes et des Monuments historiques.
  • Les travaux devraient se dérouler de mars à fin 2022.
  • L’inauguration sera couplée en 2023 avec la célébration du centenaire de Notre-Dame du Raincy.

Avancement du projet (septembre 2021)

  • Les premières études ont été délivrées début novembre 2018 par les deux agences d’architectes en charge du projet(Lacoste & Thieulin, et Bernard Bauchet- spécialisé dans le béton).
  • En juin 2019, la Mission Bern (Loto du Patrimoine) a sélectionné l’église Notre-Dame du Raincy parmi les projets pouvant bénéficier de financements issus du Loto du Patrimoine.
  • En novembre 2019, les premières études techniques in situ ont été réalisées par une entreprise spécialisée (sondage sur le béton des parois du clocher), afin de mieux cibler les travaux à réaliser. Elles ont été complétées par d’autres études jusqu’en 2020, sous la conduite des Monuments historiques.
  • Le plan de financement prévisionnel a été établi et les demandes de subventions engagées.
  • Dossier de permis de construire : déposé auprès de la Ville du Raincy à l’été 2021.
  • Envoi du dossier de consultation des entreprises (DCE) : octobre 2021.
  • Signature des marchés : décembre 2021 / janvier 2022.
  • Préparation du chantier et pose des échafaudages : janvier/février 2022.
  • Réalisation du chantier de restauration : mars à octobre 2022.
  • Réception des travaux : objectif décembre 2022.
  • Inauguration : en 2023 dans le cadre du centenaire de l’église Notre-Dame du Raincy.

Le financement des travaux

Une large part du coût financier de la restauration sear financé par des subventions publiques : Etat (au travers de la DRAC / Monuments historiques), la Région Ile-de-France, le département de Seine-Saint-Denis, et le cas échéant d’autres collectivités.

Ce financement sera complété par des ressources propres, issues des dons des paroissiens et du public (en dernier lieu via la Fondation du Patrimoine), d’entreprises mécènes (Gecina).

Depuis l’automne 2017, un appel aux dons a été lancé, et plusieurs manifestations culturelles sont organisées au profit du projet de restauration du clocher.

Les dons déjà recueillis sont affectés au projet par le diocèse, puis complétés par les dons collectés par la Fondation du Patrimoine, et seront utilisés au fur et à mesure de l’avancement des travaux.

La restauration précédente de 1990 (clocher et vitraux)

La restauration commence en 1988-1989, par la réfection de la toiture, puis dès 1991, se poursuit par l’intervention sur le clocher. Les façades de l’église sont enfin restaurées de 1992 à 1996.

La première tranche de travaux a montré que la stabilité des voûtes n’était pas en cause, les fissures étant essentiellement imputables aux importantes variations de température subies entre les voûtes intérieures et la coque extérieure (avec une amplitude maximale de 15° C à l’intérieur et de 50°C à l’extérieur). Il a suffit de refaire l’étanchéité et d’installer, en réponse aux sollicitations thermiques, une isolation sur l’extrados de la coque. Les fissures ont été réparées ponctuellement par des injections de résine époxy.

La restauration du clocher fut bien plus complexe. En effet, la reconstitution du béton posait d’importantes difficultés d’exécution, du fait des différences de dégradations selon l’exposition de chaque élément, et du fait de la section circulaire des poteaux eux-mêmes.

Chaque reprise devait donc être traitée au cas par cas. Après de nombreux essais, ces difficultés furent résolues grâce à des techniques de décoffrage précoce, de sablage, de lavage et de dosage subtil des agrégats et du ciment.

A cette époque, la nouveauté de la démarche de restauration résidait également dans le changement d’éléments en dehors des plans de joints, par un important découpage géométrique des reprises, plus conforme à l’esprit du bâtiment de Perret.

Quant à la restauration des façades, les problèmes furent également complexes.
Chaque travée est constituée de claustras en béton ordonnancés autour d’une scène historiée, avec une structure porteuse faite de deux poteaux intermédiaires. L’état sanitaire des claustras différait considérablement d’une façade à l’autre, selon l’orientation. La façade sud, par exemple, présentait des claustras très détériorés qui se désintégraient lors de la dépose des vitraux.
On procéda à leur remplacement en totalité. Les claustras neufs étaient fabriqués sur le chantier, à l’aide de moules métalliques dans lesquels était coulé un béton de résine, sur une armature en acier inoxydable..

Le détail de remise en place fut poussé jusqu’à faire desserrer les coffrages des potelets, afin de restituer les petites bavures de béton si caractéristiques de l’exécution rapide d’Auguste Perret.

Des vitraux restaurés début 1990

Les vitraux figurés sont en partie haute des verrières. Ils s’inscrivent dans un carré constituant le centre d’une vaste croix matérialisée par les motifs des claustras ; leur mise en plomb, selon un quadrillage régulier de 10 cm de côté – excluant seulement les éléments forts du dessin, tels que les visages ou les mains.

Le choix de ce parti, inspiré des vitraux de l’église Saint-Eustache de Paris, revient à Marguerite Huré, à qui Maurice Denis, en lui remettant ses cartons, n’avait donné aucune indication précise quant à la coupe des verres.

Au fur et à mesure des travaux de restauration, les vitraux ont été déposés, après numérotation et repérage photographique. Ils ont été restaurés en atelier chez le maître-verrier. Leur état de conservation était excellent. Peu de changements de verres ou de restitutions furent nécessaires.

Par contre, le réseau de plomb avait vieilli et devait être renouvelé. Seule la repose des vitraux souleva quelques difficultés d’étanchéité et d’ajustement des panneaux anciens dans la structure neuve en béton. Ce problème fut résolu en jouant sur l’épaisseur des plombs de bordure.