Maurice DENIS (Granville 1870 – Paris 1943)

Maurice DENIS étudie au Lycée Condorcet à Paris, et se consacre très jeune à la peinture. Entré à 17 ans à l’académie Julian pour préparer l’Ecole des Beaux-Arts, il participe dès le mois d’octobre 1888 à la formation du groupe des Nabis, alors influencé par la théorie de Paul Gauguin à Pont-Aven.

Par sa peinture, ses prises de vue esthétiques, il participe à ce qu’il nommera « la bourrasque de 1890 ». Ses œuvres les plus célèbres de cette époque sont Madame Ranson au chat, l’échelle dans le feuillage, les arbres verts, Matin de Pâques.

Il publie le premier manifeste du style Nabi, dérivé des idées de Pont-Aven : « Définition du néo-traditionnisme » (Arts et Critiques août 1890). Ses amis le surnomment : « le Nabi aux belles icônes »..

Maurice Denis se réfère moins aux japonais comme le fait Bonnard, qu’aux primitifs italiens tels Fra Angelico. Chrétien convaincu, il manifeste également une prédilection pour les thèmes religieux et pour l’exaltation de la famille chrétienne.

Il décore de nombreuses églises, théâtres, hôtels particuliers et bâtiments publics : comme le décor monumental de Sainte-Marguerite du Vésinet (1900), de Saint-Paul de Genève (1916-1923), de Saint-Louis de Vincennes (1923-1927).

Il fonde en 1919, avec Rouault et Desvallières, les Ateliers d’Art Sacré et enseigne à l’Académie Ranson. Après une courte période « divisionniste », il adopte une peinture claire, vive, sans modelé, aux rythmes onduleux, qui l’apparente à l’Art Nouveau. Peintre symboliste, il est l’interprète des poèmes de Verlaine (Sagesse – 1889), de Mallarmé et exécute ses premiers grands panneaux décoratifs (les Muses 1893).

A la suite de ses voyages en Italie (1895 – 1898 et 1907), qui renforcent son admiration pour la Renaissance, dépouillant sa peinture de son caractère Nabi et Art Nouveau, il se consacre au renouveau de la grande décoration murale, style de tradition classique.

Maurice Denis meurt accidentellement le 13 novembre 1943 à Paris.

Ses ouvrages :

  • Théorie du Symbolisme et de Gauguin vers un nouvel ordre classique » (1912)
  • « Nouvelles théories sur l’Art Moderne, sur l’Art Religieux » (1939).
  • Son dernier ouvrage illustré : « L’Annonce faite à Marie », de Claudel, commencé en 1926 est édité en 1943, à sa mort, alors que les trois tomes de son journal ne le seront qu’entre 1957 et 1959.

« La bataille de l’Ourcq ». Vitrail de Marguerite Huré, carton de Maurice Denis. 1923. Église Notre-Dame du Raincy.

La peinture de Maurice Denis possède un pouvoir de séduction immédiat qui happe le visiteur dès les premières salles de l'exposition que lui a consacré le musée des impressionnismes de Giverny. Visite avec sa petite-fille, Claire Denis.
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