Auguste PERRET (Ixelles, Bruxelles 1874 – Paris 1954) et Gustave PERRET (Ixelles 1876 – Paris 1952).

Les frères PERRET, et plus particulièrement Auguste, devaient, au début du 20ème siècle, participer de façon importante à l’élaboration de l’architecture moderne. Leur propre demeure (rue Franklin à Paris en 1903) est la première au monde conçue pour le béton et pensée en « style béton ».

Deux ans plus tard, avec le garage de la rue de Ponthieu, ils confirment les possibilités d’utilisation économique et rationnelle de ce matériau, et consacrent le principe de la charpente. En effet, alors que HENNEBIQUE s’efforce de démontrer qu’une maison faite en béton apparent peut ressembler à n’importe quelle autre maison formée d’autres matériaux, Auguste PERRET affirme : « celui qui dissimule une partie quelconque de la charpente se prive du seul légitime et plus bel ornement de l’architecture. Celui qui dissimule un poteau commet une faute. Celui qui fait un faux poteau commet un crime« .

Ayant franchi le stade de la recherche et celui des mises au point, il restait aux deux frères à conquérir l’adhésion du public. Or, personne ne semblait encore comprendre que les règles de la construction allaient être bouleversées. Il fallut attendre la réalisation du Théâtre des Champs-Elysées (1911-1913), pour que ces lignes empreintes d’une audace dépouillée soient ressenties d’abord comme un défi, s’imposent bientôt à tous les esprits avertis, témoins d’une nouvelle esthétique fondée sur la simplicité et la pureté de la forme.

C’est dans le domaine de l’architecture militaire que ses réalisations sont les plus mal connues : ateliers Esders, ateliers Marinoni, docks de Casablanca, ateliers de décors René-Durand, etc… Elles résultent pourtant d’une profonde réflexion sur les conditions de travail dans l’industrie et constituent l’expression anticipée du travail de synthèse entre les exigences sociales, économiques et esthétiques qui est celle des architectes aujourd’hui.

Il rénova également l’architecture religieuse par la construction de Notre-Dame du Raincy (en 1923) et Sainte-Thérèse de Montmagny. Toutes deux furent construites avec des moyens extrêmement limités, d’où leur aspect à la fois humble et solennel.

Suivirent la chapelle d’Arcueil (1927) et l’église Saint-Joseph du Havre (1951). Il signa également avec son frère le projet pour la basilique de Sainte Jeanne d’Arc, dont la flèche de 200 mètres en béton effraya le jury du concours ! En matière d’urbanisme, il se vit attribuer en 1945 la reconstruction du Havre.

On lui doit également le Garde-Meuble National (1934), le Musée des Travaux Publics (1937), le quartier de la Gare à Amiens, et la tour de 100 mètres qui le caractérise. Son dernier grand projet fut celui du Centre Atomique de Saclay, en 1947.

Fidèle toute sa vie aux principes de logique et de pureté, ce pionnier de l’architecture devait influencer toute la génération suivante. Les archives de l’entreprise Perret ont été versées en 1992 à l’Institut Français d’Architecture.