Histoire de Notre-Dame de la Consolation

Le Chanoine Félix Nègre

Le Chanoine Félix Nègre

Au début du XXème siècle, Le Raincy est une paroisse de banlieue disposant d’une église trop petite pour une population ayant déjà doublé en quarante ans. L’Abbé Félix Nègre, nommé Curé du Raincy le dimanche des Rameaux 1918, décide de bâtir une nouvelle église, dédiée à la Vierge et commémorant la victoire de l’Ourcq.

Notre-Dame de la Consolation était née et symbolisait cette période d’après-guerre ainsi que le départ des taxis de la Marne, qui, sur l’ordre du Général Gallieni, transportèrent les renforts de troupes qui permirent au Général Maunoury (dont le quartier général était installé à la Mairie du Raincy) de remporter cette victoire de l’Ourcq en septembre 1914.

Trois jours après son installation au Raincy, l’Abbé reçoit un don important de la part d’un pénitent anonyme. Son frère, Victor Nègre, Curé de Meudon, comptait alors parmi ses paroissiens Gabriel Thomas, financier de la construction du Théâtre des Champs Elysées. Ce dernier travaillant dans le cercle de Bourdelle, Maurice Denis et des frères Perret… il les mit en relations avec le Chanoine.


La première pierre fut posée le 30 avril 1922, par Mgr Gibier, Evêque de Versailles. La nouveauté du matériau employé (le béton armé, à la place de la pierre, puis de la brique), l’audace des architectes, les techniques innovantes, la grandeur du sol de la nef, puis enfin la hardiesse du clocher en font un bâtiment unique.

La « Sainte Chapelle du béton armé », ainsi nommée par Le Corbusier, est consacrée et inaugurée le 17 juin 1923, et sera classée Monument Historique en 1966.

Le Chanoine Nègre restera Curé de Notre-Dame du Raincy pendant 35 ans, jusqu’à sa mort, en 1953. Selon ses vœux, il repose dans la crypte de l’église. 

L’église Notre-Dame du Raincy est la propriété de l’Association diocésaine de Saint-Denis-en-France.

Le Raincy est une ville et sous-préfecture de plus de 14.000 habitants, située à une douzaine de kilomètres de Paris, facile d’accès par le RER E et l’infrastructure autoroutière (boulevard périphérique par l’A3 et A86/A1).

Des informations sur l’histoire du Raincy
(site de la Ville).

Video de KTO sur l’église Notre-Dame du Raincy.

Les frères Auguste et Gustave PERRET

Auguste PERRET (Ixelles, Bruxelles 1874 – Paris 1954)

Gustave PERRET (Ixelles 1876 – Paris 1952).

Au début du XXième siècle, les frères PERRET, et plus particulièrement Auguste, devaient participer de façon importante à l’élaboration de l’architecture moderne.

Leur propre demeure (rue Franklin à Paris en 1903) est la première au monde conçue pour le béton et pensée en « style béton ».

Deux ans plus tard, c’est le garage de la rue de Ponthieu, puis le Théâtre des Champs-Elysées, (1911-1913).

En savoir plus.

Maurice Denis

Maurice DENIS (Granville 1870 – Paris 1943)

Entré à 17 ans à l’académie Julian pour préparer l’Ecole des Beaux-Arts, Maurice Denis participe dès 1888 à la formation du groupe des Nabis, alors influencé par la théorie de Paul Gauguin à Pont-Aven.

Ses amis le surnomment : « le Nabi aux belles icônes ».. Maurice Denis se réfère moins aux japonais qu’aux primitifs italiens tels Fra Angelico. Chrétien convaincu, il manifeste également une prédilection pour les thèmes religieux et pour l’exaltation de la famille chrétienne.

Il décore de nombreuses églises, théâtres, hôtels particuliers et bâtiments publics : comme le décor monumental de Sainte-Marguerite du Vésinet (1900), de Saint-Paul de Genève (1916-1923), de Saint-Louis de Vincennes (1923-1927). Il fonde en 1919, avec Rouault et Desvallières, les Ateliers d’Art Sacré et enseigne à l’Académie Ranson.

Après une courte période « divisionniste », il adopte une peinture claire, vive, sans modelé, aux rythmes onduleux, qui l’apparente à l’Art Nouveau. Peintre symboliste, il est l’interprète des poèmes de Verlaine (Sagesse – 1889), de Mallarmé et exécute ses premiers grands panneaux décoratifs (les Muses 1893).

En savoir plus.

Marguerite Huré

Marguerite HURÉ (1896 – 1967).

Née à Paris d’une famille de musiciens d’origine picarde, elle se forme à la technique du vitrail chez le peintre verrier parisien Emile ADER, puis fonde son propre atelier dès 1921.

Elle étudie également la sculpture à l’Ecole des Beaux-Arts à Paris et la peinture aux Ateliers d’Art Sacré fondés en 1919 par Maurice Denis et Georges Desvallières. Maurice Denis lui confie sa première commande importante : la transcription en vitrail de ses propres cartons réalisés, à la demande d’Auguste Perret, pour les verrières de l’église Notre-Dame du Raincy.

Dans cet édifice, véritable manifeste de la modernité dans le domaine de l’architecture religieuse, le mur est remplacé par de grands claustras en forme de croix où le vitrail règne en maître. Le programme iconographique prévoit, au centre de ces croix, neuf scènes de la Vie de la Vierge et une verrière commémorative de la victoire de la Marne.

Elles sont entourées de motifs décoratifs enchâssés dans les ajours. L’ensemble des claustras s’inscrit dans un plan de coloration qui s’intensifie au fur et à mesure que l’on s’avance vers le chœur pour aboutir à la grande croix rouge sur fond bleu qui domine l’abside.

Faute de crédits, et pour terminer les vitraux le jour de l’inauguration, prévue pour le 17 juin 1923, une première version provisoire est réalisée en vernis à froid par deux des élèves des Ateliers d’Art Sacré. Ce procédé permet de peindre rapidement, sur du simple verre cathédrale, sans cuisson de la peinture, avec une découpe de verre et une mise en plomb rudimentaire.

Mais dès novembre 1923, la reprise de ces vitraux en technique traditionnelle est confiée à Marguerite Huré, qui réalise la version définitive entre 1924 et 1927.

L’église Notre-Dame du Raincy sera le point de départ d’une série de réalisations pour Marguerite Huré :

– Elisabetheville (1928, architecte Tournon) – La Colombière (Chalons-sur-Saône, 1929, architecte Perret) – le petit séminaire de Voreppe, (Grenoble, 1933, architecte Pouradier-Dutail) – Notre-Dame des Missions d’Epinay-sur-Seine. (1930). Elle y met au point une brique translucide. – Crypte du Plateau d’Assy (1939).

En 1952, Auguste Perret la charge de l’éclairage de l’église Saint-Joseph du Havre.

Antoine Bourdelle

Antoine Bourdelle en 1925

Antoine BOURDELLE
(Montauban 1861 – Le Vésinet 1929)

Formé d’abord à l’Ecole des Beaux-arts de Toulouse, il arrive à Paris en 1884, expose à la Société des Artistes Français, et dès 1893, travaille comme praticien chez RODIN, auquel l’uniront une estime et une admiration réciproques, même si la volonté de synthèse et la construction par plans de Bourdelle s’opposent bientôt au modelé analytique de Rodin.

En 1905, sa première exposition personnelle (Galerie Hébrard à Paris) rassemble des œuvres marquées par l’esprit symboliste ou par le romantisme fougueux qui caractérise le Monument aux Morts 1870-1871 de Montauban.

En 1912 – 1913, il réalise le décor du Théâtre des Champs-Elysées

En 1923, Antoine Bourdelle est sollicité par le Chanoine Nègre pour réaliser une Pietà en bronze qui devait orner le tympan du portail de l’église Notre-Dame. Une toile peinte fut réalisée en grandeur et figura en bonne place lors de l’inauguration de l’église en 1923. Antoine Bourdelle réalisa même une première ébauche en bronze, mais de format réduit. Le manque de crédit retarda la commande, puis la mort d’Antoine Bourdelle mit définitivement fin au projet….. jusqu’à nos jours….

La Pietà d’Antoine Bourdelle, posée en 1999

Grâce à une souscription lancée par l’association R.E.S.T.A.U.R.E.R Notre-Dame du Raincy, la Pietà de Bourdelle, un bronze de 320 kg, put enfin être réalisée, 76 ans après la consécration de l’église, à partir des esquisses peintes par Bourdelle et par le fondeur attitré du musée Bourdelle.

En savoir plus.